Archives de octobre, 2012

APRES LES ARMES LES LARMES

Publié: 29 octobre 2012 dans HISTOIRE

EMPREINTE  INDELEBILE  DU  PASSE

D’en avoir entendu parler très souvent, j’ai eu envie de visiter la Normandie et ses plages du Débarquement. La veille du départ, je m’apprêtais à faire ce circuit comme on fait la Route des Vins en Alsace. J’y ai vu de magnifiques plages parsemées ici et là, de vestiges de la seconde guerre mondiale.

 Le premier cimetière que j’ai visité, a été le cimetière Américain de Colleville sur Mer. Le parking était bondé. A l’accueil j’ai été reçu par un personnel en uniforme ; des visites accompagnées d’un guide se succédaient. Les croix blanches alignées au cordeau se présentaient à moi à perte de vue. Ce qui m’a dérangé, c’était cette foule présente qui à mes yeux ressemblait plus à la sortie du dimanche dans les zones commerciales.

        

 je repris ainsi ma route. Le deuxième cimetière a été un cimetière Allemand celui de La Cambe. Ce fut le jour et la nuit. Celui-ci m’a tout de suite pris les tripes. Deux ou trois personnes comme moi s’y étaient arrêtées. Ce parcours déambulatoire au milieu de ce champ me tétanisait, la lecture d’un bon nombre de date de naissance et de décès sur les plots sombres m’a horrifié. Des gosses qui n’avaient pas encore fêtés leurs 18ans se trouvaient là. En quittant ce cimetière, j’étais mal à l’aise. Le fait de penser à ces gamins enrôlés de force, pour partir au front, dans les mains desquels un fusil avait été mis, obligés de tuer pour ne pas être tués, alors qu’ils n’avaient rien demandé, m’a écœuré.

Continuant mon circuit, j’ai à nouveau visité un autre cimetière Allemand  à Huisnes sur Mer ; à l’approche de celui-ci, j’ai ressenti un profond malaise. L’endroit était désert et calme. Ce silence était oppressant. La lecture des plaques, une nouvelle fois, m’a noué l’estomac.  En temps normal mon entourage me dis souvent que j’ai un cœur de pierre, mais là, je me suis liquéfiée, la gorge serrée je ne pouvais plus sortir un mot.  

Ne confondons pas ces pauvres gosses et ces hommes d’un âge plus qu’avancé qui n’avaient rien à voir, et rien demandé avec la Gestapo et les contingents SS qui n’étaient autre que des bourreaux fanatiques.  Quelle que soit la nationalité de tous ces gosses, ils auraient préféré vivre au milieu des leurs, en paix.

« On ne peut oublier la perte d’un être cher. Le lieu où les morts reposent est important. Mais il ne revêt pas une importance définitive, car ces hommes sont morts. Notre volonté de faire du monde un lieu où les hommes puissent mieux vivre, devrait être d’autant plus ferme. La guerre, c’est l’enfer sur terre. Les morts en sont un témoignage muet ».

Témoignage de gens du pays après la guerre.

Marie Louise ANQUETIL :

Un jeune allemand qu’on appelait : « Malaga » logeait chez Crétey, il n’était jamais prêt à l’heure ! Quand il arrivait avec l’habit blanc, il aurait dû mettre le vert ou c’était le contraire, alors les coups de trique, ça pleuvait ! Il le réexpédiait chez Crétey pour se ré habiller ! Il « pleurait sa mère », il disait qu’il ne la reverrait jamais. Il disait qu’il reviendrait nous voir, mais il n’est jamais revenu.

Jean FLEUTOT :

On n’a moins côtoyé les Américains que les Allemands. L’américain est passé, les Allemands sont restés. Je me souviens d’un Allemand Karl ; le père écoutait la radio, l’Allemand était devant la porte. « Monsieur Fleutot, vous avez écouté : Ici Londres ? » Il demandait au père des nouvelles. C’était un interprète, il parlait très bien le français. Il disait à ma mère : « Madame Fleutot, vous ne croyez pas que je suis trop jeune pour mourir ? » Il avait 22 ans,  moi 12.

Simone LECANU

Les Allemands venaient dans notre café, mais ils étaient très corrects ; on était 4 filles, maman était veuve, ils auraient pu nous ennuyer, mais non, très corrects ; ils venaient souvent chercher du  lait. Je revenais l’hiver vers 6 heures, il faisait nuit, jamais ils ne m’ont rien dit. »

(Témoignage que l’on peut découvrir au musée du cimetière de « La Cambe »)

CIMETIERE ALLEMAND DE MONT DE HUISNES SUR MER

Situé sur une colline  de 30 mètres de hauteur à 1 km du village de Huisnes sur Mer, le cimetière militaire Allemand du Mont de Huisnes occupe une position dominante sur le fond de la baie du Mont St Michel.  Ici reposent 11 956 morts de la seconde guerre mondiale. Mont de Huisnes est l’unique mausolée en France. Ici sont inhumés les morts de guerre transférés par les services des exhumations du Volksbund en 1961 en provenance des départements du Morbihan, Ille et Vilaine, Mayenne, Sarthe, Loir et Cher, Indre et Loir, Vienne et Indre et des Iles Anglo- Normandes Jersey, Guernesey, Aurigny et Sark, à l’exception des morts du cimetière de Fort – George à St Peter Port à Guernesey. Le mausolée est un bâtiment circulaire de 2 étages, d’un diamètre d’environ 47 mètres. En façade intérieure  une galerie couverte est aménagée à chaque étage de 34 cryptes à chaque niveau. Dans chaque crypte reposent 180 morts de guerre.  Les noms sont inscrits sur une plaque de bronze. Une grande croix se dresse au centre de la cour engazonnée, le mausolée a été inauguré le 14 septembre 1963.

 « Si les hommes savaient combien il est horrible d’être blessé, de mourir, tous seraient doux et paisibles, ils ne se diviseraient pas en parti, ne se pousseraient pas à la révolte et ne s’entretueraient pas. Seulement, un homme en bonne santé l’ignore. Personne ne croit un blessé. Et les morts ne peuvent plus parler. »

CIMETIERE ALLEMAND DE LA CAMBE et le CIMETIERE ALLEMAND DE MONT DE HUISNES SUR MER 

  

   

   

   

  

                 

CIMETIERE AMERICAIN DE SAINT AVOLD EN MEURTHE MOSELLE

  

  

(Photos personnelles)

Publicités

LOURDES

Dieu se serait-il mis en colère  à LOURDES, tel qu’il l’avait déjà fait il y a fort longtemps à Jérusalem, en entrant dans le Temple où il se mit à chasser dehors tous ceux qui y faisaient commerce d’argent ?

Cette crue inattendue du Gave de PAU, ne serait-elle pas la main de Dieu qui se révolte contre tout ce business qui gravite sur le dos des pèlerins et des malades  et dont l’Eglise profite ?

Il est intéressant de constater avec quelle rapidité les dégâts causés par cette catastrophe « naturelle »  sont vite réparés, ainsi que les lieux si abondemment visités, vite réhabilités, afin que les croyants puissent à nouveau se présenter aux caisses.

Lors d’une visite,  j’ai été choqué de constater, à quelle vitesse on enlève les cierges qui viennent d’être achetés par les pèlerins, représentant bien souvent leurs prières et déposés comme une offrande. Ils n’ont pas le temps de brûler bien longtemps car il faut rapidement les enlever pour activer les ventes. Il est évident qu’à ce rythme-là, c’est rentable. Mais le pèlerin qui fait cet acte de foi, lui la pièce,  il l’a mise et elle reste bien dans le tronc et pour la somme indiquée. Et ce n’est pas par souci écologique que l’on ne laisse pas ces cierges se consumer jusqu’à la fin mais bien par profit.

Et voici le comble : pourtant il y a bien une plaque qui précise que nos cierges brûleront jour et nuit et ce toute l’année.

CARNET DE ROUTE – PERLE DU ROUSILLON

Publié: 21 octobre 2012 dans TOURISME

CLOITRE

                              ELNE

UN PEU D’HISTOIRE

Les auteurs antiques ne connaissent ELNE que sous son nom ibère « ILLIBERIS » qui veut dire « ville neuve ». A l’époque pré romaine, illibéris est une cité prestigieuse jouant un rôle prépondérant dans la région. Au IV siècle, la ville prend le nom de CASTRUM HELENA, peut être en l’honneur d’Hélène mère de Constantin le grand et grand-mère de l’empereur Constant qui sera assassiné en 350. A partir de 413, le territoire est sous la domination des Wisigoths. La cité devient le siège d’un évêché vers 568. Les arabes, après leur conquête de la péninsule ibérique, traversent les Pyrénées et occupent le Roussillon en 719 ; ils s’y maintiendront jusqu’en 770 environ. La cathédrale est consacrée en 1069. En 1150, les habitants reçurent l’autorisation de fortifier leur ville, qui fut assiégée et prise 4 fois dans son histoire : par Philipe le hardi en 1285, puis par Pierre IV d’Aragon en 1344, par Louis XI en 1474, et par les troupes de Louis XIII en 1641. A partir du XIV siècle, son activité économique déclina au profit de Perpignan. Le 30 juin 1602, la résidence épiscopale fut transférée d’Elne à Perpignan ainsi que les reliques de SAINTE EULALIE  et  SAINTE JULIE patronnes de la cité. En 1659, la ville, avec le Roussillon passe définitivement à la France par le traité des Pyrénées. Louis XIV ordonne en 1680 la destruction des remparts.

LE CLOITRE

Le cloître d’Elne est un des rares grands cloîtres roussillonnais conservé quasi intact. Commencé à l’apogée de l’art roman, et continué au long de la période gothique, il rassemble, sous une unité architecturale romane, une grande diversité de sculptures. Bâti en marbre blanc veiné de bleu de Céret, il forme un quadrilatère irrégulier, adossé au côté nord de la cathédrale, desservant les salles capitulaires (salle où se tenaient les réunions des chanoines du Chapitre), et la Chapelle St Laurent, aujourd’hui musée d’histoire et d’archéologie.

Le cloître s’articule en quatre galeries.

GALERIE SUD, fin du XII  siècle

Les sculptures de cette galerie se rattachent aux dernières manifestations de l’activité des ateliers romans roussillonnais. Elle se  caractérise par ses thèmes symboliques : végétaux (palmettes, acanthes) et animaux (lions, griffons (animal mythologique de l’antiquité à corps de lion, tête et ailes d’aigle), bouquetins, sirènes). On trouve quelques scènes historiées. Le travail des détails est précis, le rendu sec et nerveux, les volumes harmonieux.

La voûte sur croisées d’ogives  (principe constructif de la voûte gothique ; deux arcs entrecroisés (les ogives) servent de structures et de support à la voûte)  a remplacé la couverture primitive de bois. A la retombée des arêtes de la voûte, des bas-reliefs représentant la passion et la résurrection  de Jésus. Tout au long de la galerie, pierres tombales et épitaphes de chaines.

La porte gothique d’entrée de la cathédrale est en marbre rouge avec des pentures en fer forgé de tradition romane

GALERIE OUEST, Début XIII siècle

Les piliers et les chapiteaux s’inspirent de ceux de la galerie sud. Quelques chapiteaux à thèmes végétal adoptent un vocabulaire gothique. Sur le mur intérieur, quelques pierres tombales. Les voutes sont sur croisées d’ogive retombant côté mur sur des culs de lampe (pierres saillantes en forme de pyramides inversées servant à supporter la retombée d’un arc, de nervures de voûtes….)

GALERIE NORD, Milieu XIII siècle

Des chapiteaux sont encore clairement inspirés de l’époque romane, d’autres sont nouveaux avec une large place aux thèmes végétaux.

GALERIE EST, Début XIV siècle

Entreprise vers 1315 – 1325, cette galerie poursuit  l’architecture de la claire-voie romane. Alors que la voûte et les sculptures montrent une parfaite maîtrise de la technique gothique. Une place prépondérante est donnée aux compositions historiées.

Aux angles intérieurs de chacune des galeries, les quatre  évangélistes surmontant leurs symboles : Luc et le taureau, Matthieu et l’ange, Marc et le lion, Jean et l’aigle.

DEVOUEMENT D’UNE FEMME EXEMPLAIRE

Publié: 16 octobre 2012 dans HISTOIRE

LA MATERNITE SUISSE D’ELNE : L’HUMANITAIRE DANS LE SUD DE LA FRANCE

Si l’histoire de la maternité suisse d’Elne a disparu de la mémoire collective durant plusieurs décennies, la bâtisse est toujours restée présente dans le « paysage » des Illibériens, sous l’appellation « Château d’en Bardou », du nom de son premier propriétaire du lieu.

En 1939, Elisabeth Eidenbenz, contrainte de trouver un lieu de remplacement à la maternité de Brouilla qui va fermer, envisage de louer  le château devant lequel elle passe fréquemment. C’est ce qu’elle fera, avec l’accord de l’organisation humanitaire à laquelle elle appartient, le Secours Suisse aux Enfants.

Après des travaux d’urgence sur cette résidence mal entretenue, la maternité d’Elne ouvrira ses portes en décembre 1939, et le premier enfant y naîtra le 7 décembre.

Elisabeth Eidenbenz, que les mamans espagnoles appellent « señorita Isabel », durant près de cinq ans, sera l’âme et la cheville ouvrière de ce « berceau d’humanité au cœur de l’inhumain », qui sera fermé par les Allemands en avril 1944.

Guerre civile espagnole

L’horreur d’une lutte fratricide

Déclenchée par le putsch du Général FRANCO le 17 juillet 1936, la guerre d’Espagne fut le théâtre d’une longue lutte fratricide de trois ans. Avec ses centaines de milliers de morts et d’exilés, la guerre d’Espagne fut particulièrement violente et traumatisante.

Face à la solidarité et à la mobilisation humanitaire

Les premiers mouvements d’aides humanitaires apparaissent dès la fin du 19ème siècle. Constitués pour la plupart d’organisations pacifistes, leurs actions se développent et prennent une ampleur plus importante durant l’entre-deux guerres et plus particulièrement avec la guerre d’Espagne. Son action consistera à organiser des collectes de produits alimentaires et de fonds, à distribuer des aliments et des vêtements aux populations républicaines, mais aussi à mettre en place des mesures pour secourir les femmes enceintes et leurs enfants. Ainsi fut ouverte la première cantine pour les futures et jeunes mamans et leurs enfants, « El Comedor » à Madrid cette même année.

Dès lors, par leurs actions et leurs dévouements pacifistes, tous ces volontaires, formés sur le terrain, ouvrent la voie à une nouvelle pratique de l’aide humanitaire, s’opposant aux horreurs de la guerre.

La Retirada

L’exode. Les premiers camps. L’apparition des secours humanitaires.

Premier exode civil dès 1937.

Dès les premières semaines de la guerre, un exode civil vers la France commença. Après une première vague en 1937, d’une dizaine de milliers de basques, dû à l’avancée franquiste, une seconde vague eut lieu en 1938, mais ce fût au cours du mois de janvier 1939 que cet exil s’intensifia.

Les camps.

Au total, près de 475 000 réfugiés, arrivent en quelques mois dans ce département des Pyrénées Orientales. Accueillis sous la pluie, le froid, la neige, ils furent conduits dans des camps de concentration improvisés situés en Cerdagne, dans le Vallespir et sur la Côte. Le 26 février, les conditions climatiques obligèrent les autorités françaises à évacuer les réfugiés des camps de Cerdagne vers les camps de la Côte. Ouverts à même la plage pour la plupart, sans baraques, tentes, points d’eau, sanitaires….. Les camps de concentration offraient à ces réfugiés des conditions d’accueil calamiteuses. L’administration ne sollicitait ni médecins, ni infirmières, ni même la Croix Rouge pour venir en aide aux blessés et aux femmes enceintes. Rapidement surpeuplés, ces camps se multiplièrent à l’identique.

L’action envers les femmes et les enfants.

De leurs côtés, les volontaires suisses poursuivirent leur travail en faveur des femmes et des enfants en coopération étroite avec d’autres associations humanitaires telles que les Quakers, le Service Civil International, la Croix Rouge Américaine ou les Comités Départementaux de la Croix Rouge Française. Ces structures s’occupèrent de lever des fonds, distribuer des vivres et vêtements, de mettre en place dans les camps des annexes, des cantines, des points de ravitaillement et enfin de créer des lieux d’accueils.

La maternité de Brouilla.

A la suite d’une prospection dans les camps, Karl Ketterer, volontaire pour le service Civil International, se rendit compte de l’ampleur de la mortalité, et plus particulièrement de la mortalité infantile, et décida de secourir ces femmes enceintes et ces enfants. Il loua alors un château à Brouilla et y installa une maternité mi-mars. Compte tenu du travail toujours plus important Elisabeth Eidenbenz, qui était rentrée en Suisse, fut volontaire pour aider Karl  dans sa tâche. Les enfants et les femmes d’origines diverses furent accueillis, soignés pour des séjours plus ou moins longs, la maternité répondant le plus souvent à l’urgence.

33 enfants naquirent à Brouilla entre le 3 avril et le 6 septembre 1939. C’était le premier pas vers l’œuvre accomplit ensuite par Elisabeth Eidenbenz à la maternité suisse d’Elne où 597 enfants au moins virent le jour. Parmi eux un tiers environ était des enfants juifs dont les parents se trouvaient dans les camps ou la clandestinité.

Elisabeth Eidenbenz : une vie, un engagement.

La maternité suisse d’Elne, par son existence permit de sauver des centaines de femmes et d’enfants. Elisabeth Eidenbenz alla même jusqu’à braver les interdits pour sauver des mamans juives et leurs enfants, comme Guy Eckstein, les cachant ou les déclarant avec des prénoms espagnols.

En 1944, face à l’intensification de la deuxième guerre mondiale, la Gestapo réquisitionna le château le 6 avril et donna 3 jours à Elisabeth Eidenbenz pour l’évacuer. Les Allemands trouvant le train trop confortable, elle dû partir à pied vers l’Aveyron accompagnée de quelques mamans et enfants.

Bénévole pour le Service Civil International, Elisabeth Eidenbenz, institutrice originaire de Suisse, a vouée sa vie à l’engagement humanitaire, en venant en aide aux femmes et aux enfants de Brouilla, cette jeune femme d’une vingtaine d’années, bouleversera sa vie et celles de centaines de personnes en créant la maternité suisse d’Elne. Après accord avec les propriétaires et après de nombreux travaux, le château d’en Bardou , ouvrit en décembre 1939, venant en aide aux mamans réfugiées des camps d’Argeles, Saint Cyprien, Gurs….et Rivesaltes plus tard. En mai 1940, la maternité fût menacée de fermeture. Cependant, la fuite de population devant l’avancée Nazi lui redonna toute son utilité : elle connut alors sa plus grande période d’activité.

La Maternité

Une enclave de paix aux portes des camps.

Une histoire de femmes et d’enfants.

L’état d’épuisement des femmes arrivant à la maternité pour accoucher et des enfants arrachés aux camps.

Tout au long des 5 années durant lesquelles à fonctionner la maternité, l’atrocité des conditions de vie auxquelles femmes et enfants échappaient en séjournant ici, produisait des êtres affaiblis, tant sur le plan physique que moral.

Misère psychique générait par la vie dans les camps : grande chaleur l’été, vent glacial l’hiver, manque d’hygiène et d’intimité, régime militaire, privations de tout ordre…….misère physique dont la principale était la sous-alimentation, elle-même génératrice  d’un état de fatigue extrême et de multiples pathologies : gale, poux, dysenterie, typhus, tuberculose…..

Les femmes qui arrivaient à la maternité étaient souvent dans un état d’épuisement terrible, se remettaient difficilement de leur accouchement, et n’étaient plus capable de nourrir leur bébé aux seins.

Recueillies par Elisabeth Eidenbenz pour l’essentiel dans les camps du Roussillon et du Sud de la France, les femmes enceintes sont reçues, soignées, accompagnées pour mettre au monde des enfants dans les meilleures conditions en temps de guerre. Infirmières suisses, aides-soignantes, parfois recrutées et formées parmi les réfugiées, plus ponctuellement sages-femmes extérieures à la maternité comme L’Illibérienne Mme FILLOLS sont jours et nuits mobilisées non seulement pour permettre les accouchements dans des conditions sanitaires décentes mais aussi pour transmettre aux mères les gestes essentiels de soin aux nouveaux nés.

Une dizaine de personnes environ fait tourner la maternité au quotidien, pour la plupart d’origine espagnole et issue des camps. Ce personnel demeure souvent plusieurs années parfois en famille, comme Celia GARCIA.

Elisabeth veille à ce que ces personnes lorsqu’elles quittent le château, puissent trouver un emploi dans le réseau de secours Suisse aux enfants.

Alors que la guerre est rapidement synonyme de privations, l’une des activités centrale de la maternité est de parvenir à nourrir suffisamment et de façon équilibré ces femmes et enfants terriblement affaiblis. Mais ce sont le potager et les vergers attenants qui permettront d’assurer une alimentation régulière et diversifiée.

Les soins accordés aux enfants restent au cœur de l’activité de la maternité. Les nouveaux nés sont souvent de beaux mais fragiles nourrissons, vulnérables à la moindre infection. Naissent ou arrivent aussi des enfants à la limite d’un souffle de vie qui ne devront d’échapper à la mort qu’à des trésors d’attention de la part du personnel soignant et à la solidarité des femmes entre elles. Des séances d’expositions aux ultraviolets fortifient les plus grands.

Enfants nés à la maternité suisse « d’Elne ».

1939 : 6 enfants, 1940 : 144 enfants, 1941 : 212 enfants, 1942 : 91 enfants, 1943  : 103 enfants, 1944 : 32 enfants.

Total entre 1939 et 1944  = 588 enfants.

Ainsi sont nés à la maternité des enfants de 22 nationalités différentes.

Tout autant que l’assistance aux fonctions vitales, c’est l’état moral qui est aussi pris en charge ici, ne serait-ce que par le calme, le repos, la sécurité, les soins qui sont offerts. Elisabeth organise aussi le lien familial avec le reste de la famille hospitalisée, restait au camp ou cachée dans les villages des Pyrénées Orientales.

Elisabeth a tenté de sortir le plus grand nombre de femmes des camps, et d’en garder certaines sur place. Si la durée moyenne du séjour était de six à huit semaines certaines femmes sont restées plus longtemps, soit que leur état de santé physique et moral ne permettait pas qu’elle quitte la maternité, soit qu’elles aient trouvé ici une fonction qui leur évitait le retour au camp, soit que leur situation les mettait en danger à l’extérieur. Au-delà des femmes enceintes, Elisabeth a aussi littéralement « sauvée la vie » à des femmes dans un état physique pitoyable, dû à la sous-alimentation dans les camps. Pesant une quarantaine de kilos pour certaines, elles repartaient de la maternité au bout de deux mois avec dix kilos de gagner.

Au total, un millier de femmes et un millier d’enfants résideront à la maternité de fin 1939 à Pâques 1944 avec une grande diversité dans les nationalités.

« Qui sauve une vie sauve l’humanité toute entière » extrait du Talmuth

L’histoire d’Elisabeth et de la maternité est un exemple de résistance face à l’innommable, un message de combat et d’espoir pour la vie dans une période de l’histoire européenne des plus tragique et honteuse.

Quelles soient exilées espagnoles, juives, tziganes ou réfugiées de l’Europe du Nord fuyant les persécutions  nazies ou encore des femmes de la région accablées par les conditions de vie imposées par l’occupation allemande, ce millier de femmes et autant d’enfants accueillis à la maternité ont trouvé là un îlot de paix, de réconfort, de respect, sur des trajets ou la tragédie le disputait à l’horreur.

Ici, le soutien humanitaire suisse a trouvé tout son sens, porté à bout de bras par cette femme au cœur immense et à la volonté inébranlable.

En 2002, elle recevait à la maternité, la médaille des « Justes parmi les justes entre les nations », en 2006 la médaille de «  l’Ordre Civil de la Solidarité » décernait par la reine Sofia d’Espagne, ainsi que la « Crue de Sant Jordi » remise par la Généralitat de Catalunya : enfin, en 2007, elle était décorée de la « Légion d’honneur » par la république Française.

PAYS A LA CON

Publié: 7 octobre 2012 dans COUP DE GUEULE

la  france  defigurée

Justice sociale, justice sociale, nos politiques n’ont que ce mot à la bouche,

alors que leur politique est de plus en plus inique. C’est le cas avec la préférence

étrangère que nos élites ont hissée au rang de dogme incontournable, véritable

contre modèle de justice et d’égalité républicaine.

Où est la justice sociale quand on repousse l’âge légal de la retraite alors

que tout étranger de 65 ans n’ayant jamais travaillé ni cotisé en France, a droit

à une retraite de 780 EUR par mois dès son arrivée ?

Où est la justice sociale quand une femme de paysan ayant travaillé 50 ans

à la ferme, n’a pas droit à ces 780 ¤ au prétexte que son mari et elle, dépassent

le plafond de 1200 EUR de minimum vieillesse pour un couple ?

Où est la justice sociale quand la Sécu en faillite continue de payer à

l’étranger, sans le moindre contrôle, des retraites à d’innombrables centenaires

disparus depuis des lustres ?

Où est la justice sociale quand l’Aide Médicale d’Etat soigne 220 000 sans

papiers chaque année, à raison de 3 500 EUR par malade, alors que la sécu ne

dépense « que » 1 600 EUR par affilié qui travaille et cotise ?

Où est la justice sociale quand des étrangers bénéficient de la CMU et

d’une mutuelle gratuite, alors que 5 millions de Français n’ont pas de mutuelle,

trop riches pour bénéficier de la mutuelle CMU mais trop pauvres pour s’en

payer une ? 30% des Français ont différé leurs soins en 2011 !

Où est la justice sociale quand on sait que 10 millions de fausses cartes

Vitale sont en circulation et permettent de soigner des milliers d étrangers

sous une fausse identité, au détriment des ayant droit ?

Où est la justice sociale quand la France entretient des milliers de

polygames, certains d’entre eux percevant plus de 10 000 ¤/ mois sans

travailler, alors que la polygamie est interdite et que nos comptes sociaux

sont dans le rouge ?

Où est la justice sociale quand une famille nombreuse étrangère est

prioritaire pour un logement social, alors qu’un jeune couple français doit

attendre 7 ou 8 ans son premier logement pour avoir un enfant ?

Où est la justice sociale quand on sait qu’1 million de faux passeports,

donnant droit à la manne sociale, sont en circulation sur les 7 millions de

passeports biométriques soi-disant « infalsifiables » ?

Où est la justice sociale quand un Français né à l’étranger doit prouver

sa nationalité à l’Administration, ce qui se traduit souvent par un véritable

parcours du combattant, alors qu’on brade chaque année la nationalité

française avec des milliers de mariages blancs ?

Où est la justice sociale quand on veut donner le droit de vote aux

étrangers, alors que nos élus ont confisqué aux citoyens leur « non » au

référendum sur la Constitution européenne et que des millions

d’électeurs, de droite ou de gauche, ne sont pas représentés au Parlement ?

Où est la justice sociale quand on accueille chaque année plus de

200 000 étrangers non qualifiés, dont notre économie n’a nul besoin, alors

que la pauvreté augmente, que nous avons près de 5 millions de sans emplois

et que le chômage atteint déjà 40% chez la population immigrée ?

Où est la justice sociale quand le contribuable finance des associations

qui ne combattent que le racisme à sens unique, alors que le racisme anti

français est systématiquement ignoré et les plaintes classées sans suite ?

Où est la justice sociale quand on condamne un journaliste pour avoir

énoncé une vérité sur la délinquance étrangère, alors que des rappeurs

incitant à la haine ne sont jamais inquiétés au nom de la liberté d expression ?

Où est la justice sociale quand la délinquance explose et que les droits

des voyous passent avant ceux des victimes ?

Car si l’intégration a totalement échoué, c’est tout simplement parce que nos

dirigeants ont confondu anti racisme et acceptation de l’autre, avec le

renoncement à nos valeurs. Il ne fallait rien changer au moule républicain

qui a permis depuis des siècles à des millions d’immigrés de devenir des

citoyens français. Les règles d’intégration qui ont fait leur preuve avec des

générations d’immigrés, étaient la force de la République.

Conclusion : Moi Président, dans une situation pareille, JE DEMISSIONNE !!!!

LE PRIX DU TRAVAIL

Publié: 4 octobre 2012 dans COUP DE GUEULE

LA  MISERE  APRES  UNE  VIE  DE  LABEUR.

L’autre jour, j’ai aperçu, comme très souvent, un homme qui distribuait des journaux gratuits dans mon lotissement.

Il traînait sous la pluie un petit caddie rempli de prospectus et s’arrêtait à chaque porte pour déposer ses journaux. Rien d’anormal à tout cela me direz-vous. Au contraire, voilà quelqu’un qui sûrement en manque de travail n’a pas hésité à prendre un labeur peu valorisant, fatiguant et qui demande de l’endurance plutôt que de rester au chômage ou sans revenus. Sachant que ce genre d’emploi est rémunéré une misère et qu’il faut en remplir des boîtes aux lettres et en parcourir des kilomètres pour pouvoir prétendre à récupérer un pécule de misère .

Non, à première vue rien de tout cela n’est anormal dans notre société actuelle.

Sauf que l’homme en question affichait déjà un certain âge. Je dirais même un âge certain. C’est-à-dire celui de la retraite déjà bien consommée. Cet homme, en effet, peinait en distribuant ces gratuits. On voyait bien que cette routine lui pesait et n’était pas pour lui un parcours de santé recommandé par son médecin pour faire baisser son taux de cholestérol ou pour améliorer son rythme cardiaque. Non, il me semble plutôt que c’était une nécessité financière qui le poussait à effectuer ce genre de travail à un âge où il fait bon se détendre et profiter d’un repos bien mérité après des années de travail ou l’on a cotisé pour obtenir une retraite malheureusement bien maigre.

Je ne connais ni son parcours professionnel, ni sa vie. Mais tout ce que je sais, c’est que cet homme ne faisait sûrement pas cela par plaisir. Malheureusement, ce genre de situation devient de plus en plus courante de nos jours. Les vieux travaillent et les jeunes se reposent, bien malgré eux pour certains, car notre société n’arrive plus à fournir de travail à ceux qui en cherchent et elle ne rémunère plus ses travailleurs et ses retraités à leur juste valeur. Enfin, cela n’est pas vrai pour tout le monde.

En effet certains de nos compatriotes (ce terme écorche un peu ma plume) n’hésitent pas, eux, à cumuler les emplois (ou devrais-je dire les mandats) très rémunérateurs pour souvent effectuer des travaux fictifs ou faire juste acte de présence. J’en veux pour preuve…….

http://www.leblogdemoon.com/article-les-deputes-socialistes-a-l-assemblee-nationale-une-niche-pour-dormir-106942295.html

Il n’y a pas grand monde aujourd’hui , on va faire l’appel.

Et ne parlons pas de tous ces gens qui vivent continuellement et grâce aux aides, subventions, avantages de toutes natures et qui à la retraite auront le même montant que beaucoup de personnes qui elles auront cotisé toute leur vie avec un travail pénible et mal rémunéré .

Ou est notre président «  NORMAL  » qui avait comme slogan de campagne «  LE CHANGEMENT C’EST MAINTENANT  » et redresser la France dans la justice . Dans un de ces fameux prospectus distribué on pouvait y lire je cite  »  Je négocierai une nouvelle réforme des retraites. Dès l’été, tous ceux qui auront cotisé la totalité de leurs annuités retrouveront le droit de partir à soixante ans. Mais à aucun moment il ne parle de partir avec une retraite décente.

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/le-chemin-de-croix-des-distributeurs-de-pub-22-04-2012-1966098.php