CARNET DE ROUTE – PERLE DU ROUSILLON

Publié: 21 octobre 2012 dans TOURISME

CLOITRE

                              ELNE

UN PEU D’HISTOIRE

Les auteurs antiques ne connaissent ELNE que sous son nom ibère « ILLIBERIS » qui veut dire « ville neuve ». A l’époque pré romaine, illibéris est une cité prestigieuse jouant un rôle prépondérant dans la région. Au IV siècle, la ville prend le nom de CASTRUM HELENA, peut être en l’honneur d’Hélène mère de Constantin le grand et grand-mère de l’empereur Constant qui sera assassiné en 350. A partir de 413, le territoire est sous la domination des Wisigoths. La cité devient le siège d’un évêché vers 568. Les arabes, après leur conquête de la péninsule ibérique, traversent les Pyrénées et occupent le Roussillon en 719 ; ils s’y maintiendront jusqu’en 770 environ. La cathédrale est consacrée en 1069. En 1150, les habitants reçurent l’autorisation de fortifier leur ville, qui fut assiégée et prise 4 fois dans son histoire : par Philipe le hardi en 1285, puis par Pierre IV d’Aragon en 1344, par Louis XI en 1474, et par les troupes de Louis XIII en 1641. A partir du XIV siècle, son activité économique déclina au profit de Perpignan. Le 30 juin 1602, la résidence épiscopale fut transférée d’Elne à Perpignan ainsi que les reliques de SAINTE EULALIE  et  SAINTE JULIE patronnes de la cité. En 1659, la ville, avec le Roussillon passe définitivement à la France par le traité des Pyrénées. Louis XIV ordonne en 1680 la destruction des remparts.

LE CLOITRE

Le cloître d’Elne est un des rares grands cloîtres roussillonnais conservé quasi intact. Commencé à l’apogée de l’art roman, et continué au long de la période gothique, il rassemble, sous une unité architecturale romane, une grande diversité de sculptures. Bâti en marbre blanc veiné de bleu de Céret, il forme un quadrilatère irrégulier, adossé au côté nord de la cathédrale, desservant les salles capitulaires (salle où se tenaient les réunions des chanoines du Chapitre), et la Chapelle St Laurent, aujourd’hui musée d’histoire et d’archéologie.

Le cloître s’articule en quatre galeries.

GALERIE SUD, fin du XII  siècle

Les sculptures de cette galerie se rattachent aux dernières manifestations de l’activité des ateliers romans roussillonnais. Elle se  caractérise par ses thèmes symboliques : végétaux (palmettes, acanthes) et animaux (lions, griffons (animal mythologique de l’antiquité à corps de lion, tête et ailes d’aigle), bouquetins, sirènes). On trouve quelques scènes historiées. Le travail des détails est précis, le rendu sec et nerveux, les volumes harmonieux.

La voûte sur croisées d’ogives  (principe constructif de la voûte gothique ; deux arcs entrecroisés (les ogives) servent de structures et de support à la voûte)  a remplacé la couverture primitive de bois. A la retombée des arêtes de la voûte, des bas-reliefs représentant la passion et la résurrection  de Jésus. Tout au long de la galerie, pierres tombales et épitaphes de chaines.

La porte gothique d’entrée de la cathédrale est en marbre rouge avec des pentures en fer forgé de tradition romane

GALERIE OUEST, Début XIII siècle

Les piliers et les chapiteaux s’inspirent de ceux de la galerie sud. Quelques chapiteaux à thèmes végétal adoptent un vocabulaire gothique. Sur le mur intérieur, quelques pierres tombales. Les voutes sont sur croisées d’ogive retombant côté mur sur des culs de lampe (pierres saillantes en forme de pyramides inversées servant à supporter la retombée d’un arc, de nervures de voûtes….)

GALERIE NORD, Milieu XIII siècle

Des chapiteaux sont encore clairement inspirés de l’époque romane, d’autres sont nouveaux avec une large place aux thèmes végétaux.

GALERIE EST, Début XIV siècle

Entreprise vers 1315 – 1325, cette galerie poursuit  l’architecture de la claire-voie romane. Alors que la voûte et les sculptures montrent une parfaite maîtrise de la technique gothique. Une place prépondérante est donnée aux compositions historiées.

Aux angles intérieurs de chacune des galeries, les quatre  évangélistes surmontant leurs symboles : Luc et le taureau, Matthieu et l’ange, Marc et le lion, Jean et l’aigle.

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