APRES LES ARMES LES LARMES

Publié: 29 octobre 2012 dans HISTOIRE

EMPREINTE  INDELEBILE  DU  PASSE

D’en avoir entendu parler très souvent, j’ai eu envie de visiter la Normandie et ses plages du Débarquement. La veille du départ, je m’apprêtais à faire ce circuit comme on fait la Route des Vins en Alsace. J’y ai vu de magnifiques plages parsemées ici et là, de vestiges de la seconde guerre mondiale.

 Le premier cimetière que j’ai visité, a été le cimetière Américain de Colleville sur Mer. Le parking était bondé. A l’accueil j’ai été reçu par un personnel en uniforme ; des visites accompagnées d’un guide se succédaient. Les croix blanches alignées au cordeau se présentaient à moi à perte de vue. Ce qui m’a dérangé, c’était cette foule présente qui à mes yeux ressemblait plus à la sortie du dimanche dans les zones commerciales.

        

 je repris ainsi ma route. Le deuxième cimetière a été un cimetière Allemand celui de La Cambe. Ce fut le jour et la nuit. Celui-ci m’a tout de suite pris les tripes. Deux ou trois personnes comme moi s’y étaient arrêtées. Ce parcours déambulatoire au milieu de ce champ me tétanisait, la lecture d’un bon nombre de date de naissance et de décès sur les plots sombres m’a horrifié. Des gosses qui n’avaient pas encore fêtés leurs 18ans se trouvaient là. En quittant ce cimetière, j’étais mal à l’aise. Le fait de penser à ces gamins enrôlés de force, pour partir au front, dans les mains desquels un fusil avait été mis, obligés de tuer pour ne pas être tués, alors qu’ils n’avaient rien demandé, m’a écœuré.

Continuant mon circuit, j’ai à nouveau visité un autre cimetière Allemand  à Huisnes sur Mer ; à l’approche de celui-ci, j’ai ressenti un profond malaise. L’endroit était désert et calme. Ce silence était oppressant. La lecture des plaques, une nouvelle fois, m’a noué l’estomac.  En temps normal mon entourage me dis souvent que j’ai un cœur de pierre, mais là, je me suis liquéfiée, la gorge serrée je ne pouvais plus sortir un mot.  

Ne confondons pas ces pauvres gosses et ces hommes d’un âge plus qu’avancé qui n’avaient rien à voir, et rien demandé avec la Gestapo et les contingents SS qui n’étaient autre que des bourreaux fanatiques.  Quelle que soit la nationalité de tous ces gosses, ils auraient préféré vivre au milieu des leurs, en paix.

« On ne peut oublier la perte d’un être cher. Le lieu où les morts reposent est important. Mais il ne revêt pas une importance définitive, car ces hommes sont morts. Notre volonté de faire du monde un lieu où les hommes puissent mieux vivre, devrait être d’autant plus ferme. La guerre, c’est l’enfer sur terre. Les morts en sont un témoignage muet ».

Témoignage de gens du pays après la guerre.

Marie Louise ANQUETIL :

Un jeune allemand qu’on appelait : « Malaga » logeait chez Crétey, il n’était jamais prêt à l’heure ! Quand il arrivait avec l’habit blanc, il aurait dû mettre le vert ou c’était le contraire, alors les coups de trique, ça pleuvait ! Il le réexpédiait chez Crétey pour se ré habiller ! Il « pleurait sa mère », il disait qu’il ne la reverrait jamais. Il disait qu’il reviendrait nous voir, mais il n’est jamais revenu.

Jean FLEUTOT :

On n’a moins côtoyé les Américains que les Allemands. L’américain est passé, les Allemands sont restés. Je me souviens d’un Allemand Karl ; le père écoutait la radio, l’Allemand était devant la porte. « Monsieur Fleutot, vous avez écouté : Ici Londres ? » Il demandait au père des nouvelles. C’était un interprète, il parlait très bien le français. Il disait à ma mère : « Madame Fleutot, vous ne croyez pas que je suis trop jeune pour mourir ? » Il avait 22 ans,  moi 12.

Simone LECANU

Les Allemands venaient dans notre café, mais ils étaient très corrects ; on était 4 filles, maman était veuve, ils auraient pu nous ennuyer, mais non, très corrects ; ils venaient souvent chercher du  lait. Je revenais l’hiver vers 6 heures, il faisait nuit, jamais ils ne m’ont rien dit. »

(Témoignage que l’on peut découvrir au musée du cimetière de « La Cambe »)

CIMETIERE ALLEMAND DE MONT DE HUISNES SUR MER

Situé sur une colline  de 30 mètres de hauteur à 1 km du village de Huisnes sur Mer, le cimetière militaire Allemand du Mont de Huisnes occupe une position dominante sur le fond de la baie du Mont St Michel.  Ici reposent 11 956 morts de la seconde guerre mondiale. Mont de Huisnes est l’unique mausolée en France. Ici sont inhumés les morts de guerre transférés par les services des exhumations du Volksbund en 1961 en provenance des départements du Morbihan, Ille et Vilaine, Mayenne, Sarthe, Loir et Cher, Indre et Loir, Vienne et Indre et des Iles Anglo- Normandes Jersey, Guernesey, Aurigny et Sark, à l’exception des morts du cimetière de Fort – George à St Peter Port à Guernesey. Le mausolée est un bâtiment circulaire de 2 étages, d’un diamètre d’environ 47 mètres. En façade intérieure  une galerie couverte est aménagée à chaque étage de 34 cryptes à chaque niveau. Dans chaque crypte reposent 180 morts de guerre.  Les noms sont inscrits sur une plaque de bronze. Une grande croix se dresse au centre de la cour engazonnée, le mausolée a été inauguré le 14 septembre 1963.

 « Si les hommes savaient combien il est horrible d’être blessé, de mourir, tous seraient doux et paisibles, ils ne se diviseraient pas en parti, ne se pousseraient pas à la révolte et ne s’entretueraient pas. Seulement, un homme en bonne santé l’ignore. Personne ne croit un blessé. Et les morts ne peuvent plus parler. »

CIMETIERE ALLEMAND DE LA CAMBE et le CIMETIERE ALLEMAND DE MONT DE HUISNES SUR MER 

  

   

   

   

  

                 

CIMETIERE AMERICAIN DE SAINT AVOLD EN MEURTHE MOSELLE

  

  

(Photos personnelles)

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commentaires
  1. jlpiallat dit :

    LOL Merci pour votre commentaire qui est trés juste . Comme vous l’avez si bien dit on a toujours tendance à vouloir mettre d’un côté les méchants et de l’autre les gentils, les cowboys et les indiens….etc ,etc. La réalité est trés souvent différente . Mais surtout on ne veut pas voir et pas savoir. Pour mon article la majorité de ceux qui y ont laissé la vie que ce soit chez ceux que l’on se plait à décrire comme les envahisseurs alors qu’ils auraient préféré rester dans leurs familles ou les libérateurs qui sont venu sur un continent étranger pour y laisser leur peau,cela n’aurait jamais dû avoir lieu.
    Malheureusement cela n’aura servi à rien pour la bonne raison que l’on refera encore et encore les mêmes erreurs.

  2. Alain Giraud dit :

    AUCUN COMMENTAIRE ! HONTE A CEUX QUI ONT Déclencher CELA

    20 ans plus tard ce fut encore pire…L’homme aime la MORT

  3. LOL dit :

    Le travail de mémoire ne doit effectivement pas se faire que dans un sens. On oublie trop souvent que de l’autre côté aussi des gens ont vécu des drames et perdu des êtres chers. A l’heure ou on nous parle de l’Europe matin, midi et soir il est intéressant de voir que dans les manuels d’histoire peu ou pas évoquent que dans une guerre les dommages sont collatéraux. Rien n’est plus réducteur que de mettre d’un côté les méchants et de l’autre les gentils sans regarder plus loin. Nous sommes souvent pris en otage par des décisions qui nous échappent, traitées en haut lieu par des personnes bien éloignées de la dimension humaine. Et apparemment rien n’a servit de leçon puisque cela continue.
    Merci quand même pour ce rappel de l’histoire qui me permettra, peut être, de faire réaliser certaines choses à mes propres ados.

    • Alain Giraud dit :

      DANS TOUTES GUERRES IL N’Y A PAS DE MÉCHANT OU DE BON !!! Mais des millions de morts innocents…Des larmes de sang pour le malheur des hommes.
      Tant que je vivrais je ferai la guerre a la guerre…24 mois de régiment en temps de paix mon donner réponse a tout cela
      Bonsoir

      • jlpiallat dit :

        Sur le fond je vous suis quand à la deuxième partie de votre commentaire vous y allez un peu fort car vous n’avez jamais fait l’armée vous avez été réformé, c’est pour cette raison que vous vous trompez lorsque vous annoncez 24 mois, celle ci était déja passée à 18 mois depuis longtemps. revoir votre copie et informez vous correctement avant.
        Merci de votre visite