GRAFFITIS : ESPOIRS OU REVOLTES

Publié: 6 novembre 2012 dans ART

LE  LASCAUX  DES  TEMPS  MODERNES

Le terme provient de l’italien  » graffito  » qui signifie  » égratigner « . Graffiti désigne tout d’abord les inscriptions formelles trouvées sur les murs et les monuments antiques. Aujourd’hui, il englobe tout dessin, toute inscription non officielle se trouvant sur une surface architecturale ou autre dont la fonction principale se distingue de celle des supports habituellement employés pour le dessin et l’écriture.

Il est admis qu’ils ont leur origine dans la préhistoire puisque les hommes gravaient ou dessinaient sur les parois des grottes. Depuis le paléolithique jusqu’à nos jours, en passant par l’Egypte, Rome, Pompéi, les catacombes chrétiennes, sur les églises médiévales et les murs des lieux de détention, les graffitis ont toujours été le signe du passage et de la présence des hommes.

Comme nous l’avons signalé au début, ce sont les parois des grottes qui ont hébergé les besoins d’expression des hommes préhistoriques. Ensuite les monuments ont été les réceptacles privilégiés de ces témoignages. Gaston Maspero, égyptologue français, a retrouvé lors d’une fouille en 1881 des graffitis dans la pyramide de Meydoun en Egypte. Les civilisations grecques et romaines nous ont laissé de nombreux graffitis : les plus abondants sont ceux de Pompei qu’on peut dater de façon précise après le tremblement de terre de 63 (apr. J.-C.).

Aujourd’hui, leurs territoires de prédilection sont souvent les surfaces fixes (murs, portes), les espaces urbains, couloirs, voiture de métro, arrêts de bus, panneaux, latrines, tables de collège et de lycées, jusqu’aux pierres et écorces d’arbres.

A l’origine, ils constituaient l’essentiel des manifestations graphiques des peuples préhistoriques et des peuples sans écritures en général. Ce furent avec la musique, la forme principale d’expression de la vénération, de l’exorcisme… Dans les civilisations anciennes du pourtour méditerranéen, par contre, ils exprimaient jalousie, rancune, tristesse ou imprécations.

Les graffitis sont un art populaire qui combine avec un naturel irréfléchi l’écriture et le dessin dans une même composition.

Combien de fois sommes nous passés devant un mur barbouillé de couleurs et de dessins sur lequel nous avons jeté un regard distrait, vite détourné par une pensée… Ce mur immobile est là pour nous interpeller. La rencontre entre le mur et le graffiti remonte aux temps immémoriaux comme pour nous prouver le besoin d’expression des humains. Du graffiti aux empreintes laissées sur le bitume par les plus grandes stars d’Hollywood, le désir de léguer une empreinte a de tout temps été présent.

Le graffiti n’est pas très élaboré dans la forme et conformiste dans le message. De nos jours, il est plutôt le fait de jeunes révoltés et marginaux. Ceci s’explique par le fait que papier, crayon sont chose courante. Par le passé, le papier (papyrus, tablette de cire chez les romains) était rare et accessible aux classes aisées.

Toutes les clandestinités ont proclamé leurs espoirs sur les murs,qui sont une seconde peau sur laquelle s’impriment les traces des groupes, des pensées, des différentes classes… Les thèmes essentiels sont la politique, l’amour, la religion, l’identité et le sport. Même les routes sont traversées par des inscriptions, des tags à coup de bombes ou faits à la chaux à la gloire de Richard Virenque, ou qui font des clins d’oeil à la mammy ou à la dulcinée. Des Chiapas à l’Intifadha, signes et cris de révoltes contre le racisme et l’antisémitisme et a contrario certaines inscriptions sont obscènes… et servent souvent à justifier ces idéologies rétrogrades.

Il y a aujourd’hui un mouvement qui découle du graffiti : le tag. Il est souvent provocant, inquiétant. C’est un élément essentiel de la culture  » hip-hop  » avec le rap et la  » break-dance « . Le tag désigne en anglais les étiquettes de valise sur lesquelles on note nom et adresse. Le  » hip-hop  » est un style de vie, né aux Etats-Unis et adopté en Europe.  » hip  » signifie compétition et  » hop  » vient du verbe  » to hop  » : sauter.

Certains « tagueurs » sont des personnes sortant d’une école d’art. Ce ne sont pas que des jeunes en mal de reconnaissance ou malveillants. La plupart ont un véritable talent qu’ils aiment exprimer sur des supports différents et ou l’interdit augmente la créativité et l’adrénaline. Mais ce n’est jamais dans un état d’esprit de saccager ou de détériorer mais bien plus dans l’envie de faire connaître une forme d’art « urbain ». Ceci dit avec le temps bon nombre ce sont assagis et sont devenus soit des artistes reconnus,ou des concepteurs graphiques expatriés à l’étranger pour des marques publicitaires.

Photos personnelles

Les graffitis comme les tags sont passibles de tribunaux ne serait-ce que parce qu’on dépense des millions pour les effacer.

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commentaires
  1. Malmaison dit :

    Autant les « trompe l’oeil » sont agréables et doux à regarder, autant les « tags » sont agressifs et inutiles.
    Nous sommes entourés de millions de signatures dans nos villes et sur les ouvrages routiers.
    Toutes plus laides les unes que les autres. Les signatures sur les véhicules, autobus, trains, faîtes à la va vite ne sont là que pour agresser le regard. D’ailleurs notre société ne demande qu’à les faire disparaître mais devant le nombre câle économiquement.
    Quand nous entendons le gauchiste décalé, jack Lang, qui affirme que c’est de l’art….. On se demande comment ce millionnaire provocateur puise ses références artistiques. Le marxisme à ses publicitaires parvenus et ses adeptes de détournement de fonds publics accaparés par leurs mensonges politiques.

    • jlpiallat dit :

      Les références artistiques de notre ex ministre de la culture (paix à son âme) à toujours puiser son inspiration de la même façon que ses goûts capillaire ou vestimentaire…..c’est à dire une véritable interrogation. Ceci dit je vous rejoins sur le fait que certains tags ne sont pas du tout agréable et gâche ou détériore le paysage.

  2. Alain Giraud dit :

    Probablement que Picasso a « commencer » comme ça…L’administrateur du blog lui va comprendre ce que je veut dire !
    De toute façon art ou pas art…C’est toujour mieux que les murs gris de nos villes, ça donne un peut de soleil

  3. LOL dit :

    J,aime cet art urbain souvent créer en cachette. Certains sont magnifiques. Dans quelques villes des « tagueurs » ont été sollicités pour décorer des bus, des centres culturels, des « skates Park ».ou encore des magasins. C’est une façon de reconnaître un mode d’expression souvent mal jugé. Ceci dit je n’encourage pas ceux qui font cela juste pour le plaisir de salir un endroit ou de détériorer pour nuire à autrui. Cela ne plaide pas en faveur de ceux qui le font par passion.
    Les photos sont sympas……LOL

  4. Adamante dit :

    Bel article, très belles photos. Amicalement.

    • jlpiallat dit :

      Merci à vous. Les photos insérées dans mes articles ne sont que des prises de vue faites au cours de mes voyages et me sont donc personnelles ce que je trouve plus sympa plutôt que d’en récupérer sur internet.
      Cordialement et au plaisir de vous lire
      JL P