Archives de mai, 2013

LA PIVOINE DANS TOUT SES ETATS

Elle est connue par une quarantaine d’espèces de plantes vivaces, herbacées, ou arbustives. Les feuilles sont vert tendre ou foncé, quelquefois argentées. Les fleurs, parfois parfumées, dressées et solitaires, en forme de coupe ou de boule, sont d’un charme irrésistible.

La pivoine symbolise la sincérité.

 Une pivoine placée dans un bouquet prouve la sincérité des sentiments évoqués par les autres fleurs. C’est une jolie façon de remplacer un mot par une fleur qui en dit beaucoup plus…

Dans le langage des fleurs, la pivoine symbolise la timidité. Ou bien signifie « j’ai honte de ce que j’ai fait, j’en rougis ».

Pivoine multicolore : Ta beauté nourrit mon désir pour toi.

Pivoine blanche : Je suis heureux de t’aimer.

Pivoine mauve : Mon amitié pour toi est forte.

Pivoine rouge : J’ai pour toi un désir charnel ardent.

Pivoine rose : Je t’aime mais suis trop timide pour l’exprimer.

Photos personnelles

 

ECOLE  VENITIENNE

TITIEN

Tiziano Vecellio ou Tiziano Vecelli ou Tiziano da Cador1, plus communément appelé Titien ou Le Titien en français, né vers 1488 à Pieve di Cadore (province de Belluno, Vénétie), mort le 27 août2 1576 à Venise.

Au XVIe siècle, l’interprétation des sujets picturaux à clé allégorique est très répandue, aussi la plupart des critiques voient-ils, dans ce tableau, une célébration de l’amour conjugal. Le vase de myrtes à la fenêtre est l’attribut particulier de Vénus et représente également la constance en amour ; les roses que tient la jeune femme sont un autre symbole de l’amour durable, comme le chien qui témoigne de la fidélité. Enfin l’ensemble du tableau baigne dans un climat familier et rassurant. On peut comparer la Vénus d’Urbino à la Vénus de Dresde, attribué à Giorgione ou parfois à une collaboration de Titien et de Giorgione. Si le thème et la composition sont assez semblables l’esprit est tout différent. On trouve chez Titien un caractère intimiste, chaleureux, sensuel et une unité dans la composition. Au contraire, chez Giorgione, la Vénus, en avant plan, et en lien avec le paysage, ce qui donne un côté un peu théâtral à la composition. Chez Titien, la matière est vibrante, les couleurs se fondent délicatement les unes dans les autres, tandis que chez Giorgione, les rapports entre les formes et les couleurs sont plus secs, plus cassants, et rendent plus froide l’atmosphère du tableau. Ici, le premier regard se porte sur le corps de Vénus dont la luminosité est rehaussée par les rouges du coussin et de la jupe de la servante.

VENUS D’URBINO – 1538

Toile 119 x 165

GIORGIONE

Giorgio Barbarelli ou Zorzi da Vedelago ou da Castelfranco, dit Giorgione (Vedelago ou Castelfranco Veneto 1477 – Venise 1510) La date de naissance, 1477, semble vraisemblable car elle est cohérente avec l’activité artistique de Giorgione à la fin du XVe siècle.

Le tableau  doit être attribué très certainement à Giorgione, même si la draperie au premier plan et une partie du paysage sur la droite sont sans doute dues à Titien. L’intention du peintre était de proposer un nu à caractère contemplatif qui s’identifierait à la nature dans laquelle il est immergé. Titien,  au tempérament plus dramatique, en ajoutant la draperie, atténue l’immédiateté absolue entre Vénus et le paysage qui l’entoure.

L’accord suprême entre l’humanité et nature, qui représente une constante dans la peinture de Giorgione, est fourni par l’alternance des tons clairs et obscurs, c’est-à-dire de la peinture de lumière et d’ombre que l’artiste développe sans le support du dessin, à travers des glacis tamisés ou c’est l’ombre qui pétrit la couleur. La majesté de Vénus domine formellement l’espace. A la différence de ce qui se passera dans la peinture de Titien, cette majesté ne lui vient pas d’un rôle théâtral, mais elle est le fruit d’une solennité intérieure. Des études récentes reconnaissent à Giorgione  l’invention d’une sexualité des images, liées à la découverte charnelle de la femme immergée d’une manière totale dans la nature : « l’appréciation esthétique de la beauté féminine peut et sans doute doit porter à la jouissance physique. »

Vénus Endormie  appartient aux délicieuses fantaisies dans lesquelles le peintre officiel des Doges recréa la beauté des formes de l’art grec. De cette époque datent Apollon et Daphné et le Repas Champêtre. Ce sont peut-être les chefs d’œuvre ou l’on reconnait le mieux le caractère de sa peinture qui « accroche la lumière ».

VENUS ENDORMIE  1506-1508

Toile 108 x 175

Attribution de l’œuvre

Si le premier catalogue de la galerie de Dresde (1707) contient une référence explicite à Giorgione les catalogues suivants attribuent l’œuvre à Titien. La restauration effectuée en 1843 révéla, au pied de Vénus, un Cupidon qui avait été précédemment recouvert et fut de nouveau caché par la suite. Cette découverte confirmerait un document de Marcantonio Michiel de 1525 affirmant : « La toile de Vénus nue qui dort avec le Cupidon fut de la main de Zorzo de Castelfranco (Giorgione), mais le paysage et Cupidon furent finis par Titien. » Marcantiono Michiel avait vu la toile à Venise, chez Gerolamo Marcello. En 1886, le célèbre critique d’art Giovanni Morelli reprit le nom de Giorgione et fut largement suivi. La critique moderne s’oriente également vers une attribution à Giorgione même si elle reconnait l’intervention finale de Titien.

L’IRIS

Publié: 17 mai 2013 dans FAUNE ET FLORE
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L’IRIS  DANS  TOUT  SES  ETATS

L’iris est une plante vivace à rhizomes ou à bulbes de la famille des Iridacées

Certaines espèces sont très recherchées en parfumerie pour leur rhizome, dont on extrait l’essence d’iris et son principal composant, l’irone.

L’iris symbolise les bonnes nouvelles.

Photos personnelles

LA  NAVIGATION  FLUVIALE

Les riches heures de la batellerie.

Dès que les transports sont apparus comme une nécessité vitale pour l’économie humaine, l’homme a utilisé les voies d’eau. A l’époque gauloise, Rhône et Saône reliaient le pays aux grandes civilisations méditerranéennes. Riche d’une vieille tradition, la batellerie gauloise était renommée : sa flottille était de bonne qualité. Elle était taillée dans le chêne alors que les Romains ne connaissaient que les fragiles embarcations en pin. Cette prospérité disparut malheureusement à la suite des invasions barbares. La féodalité ne fit qu’aggraver les entraves à la navigation. Pourtant de nombreux actes royaux montrent l’intérêt que la monarchie porta de tout temps à cette activité.

Le canal, voie de communication liquide

Jusqu’au XIVe siècle, la navigation se fit au rythme des crues et des étiages. La France possédait des bassins fluviaux peu nombreux mais très étendus. Le passage d’un bassin à l »autre se faisait assez aisément. Mais la plupart des rivières n’étaient navigables que 7 à 8 mois par an : régime irrégulier, forte pente, thalweg sinueux et mouillages inégaux s’opposaient à une utilisation régulière  des rivières. Les bateaux à fond plat de petit tonnage les descendaient au prix d’échouages fréquents et les remontaient à la sueur des hommes et des bêtes. Deux inventions vinrent révolutionner les transports par voie des eaux : l’écluse à sasses et le canal à bief de partage. On avait, depuis longtemps imaginer d’utiliser pour la navigation les canaux de drainage nés des besoins de l’agriculture. Mais le franchissement des dénivellations restait un problème. L’écluse à sasse permit de surmonter ces difficultés. Le canal constitué d’une série de biefs horizontaux facilitant le halage ne possédait pas les inconvénients des cours d’eaux naturels. Le canal à bief de partage inventé par Adam de Craponne, sous le règne de Henri II, permit de relier les deux versants d’une montagne en assurant le franchissement du faîte par un bief supérieur alimenté par les eaux dérivés  de réservoirs placés à un niveau encore plus élevés.

La naissance du réseau moderne

Le XVIIe siècle vit s’ébaucher le réseau de nos voies navigables. A la Révolution, la France comptait 1 000 km  de canaux. Le XIXe siècle marqua l’apogée du développement du réseau. Faute de moyens techniques permettant l’aménagement des rivières, on construisit des voies artificielles.  Mais en 1834, François Poirée inventa un barrage mobile qui permit de régler  le débit des rivières afin de le rendre propre à la navigation en toute saison.

Concurrence et modernisation

 Au XXe siècle, la concurrence se fit plus âpre. Les progrès du rail, le développement de l’automobile contraignirent la navigation fluviale à s’adapter. Les bateliers ont adopté de nouvelles méthodes d’exploitation. Les infrastructures  ont été modernisées. Les voies navigables ont été aménagées pour laisser passer de grands gabarits. Le poussage de barges a remplacé les péniches de petit tonnage partout où le réseau le permettait. Canaux et rivières à petits gabarits sont désormais le domaine des plaisanciers.

Le batelier et ses galères

Le batelier indépendant bénéficie d’une grande liberté. Il mène une vie de bohème, entre des tâches polyvalentes, et des revenus précaires et  aléatoires…  . Le statut d’artisan permet au batelier d’être propriétaire de son bateau. Travailleur indépendant, ses conditions de vie sont proches de celles des personnes itinérantes. Ses revenus sont compensés par une grande liberté d’action. Seul maître à bord, le batelier choisit son voyage, sa marchandise et surveille le chargement. Manœuvrer pendant des heures, nettoyer un pont, commander un équipage… mieux vaut être résistant. Il faut aussi soutenir son attention, car les périodes de conduite sont longues. Seuls des réflexes précis et rapides permettent d’effectuer les manœuvres délicates. Une vue et une ouïe excellentes sont recommandées. À bord des petites péniches, il n’y a pas de mécanicien. C’est au patron d’assurer les petites réparations sur le moteur, l’installation électrique, la robinetterie, les niveaux d’huile… Le batelier transporte des personnes et des marchandises en connaissant parfaitement les fleuves et les canaux.

On ne devient pas batelier par hasard. Le métier se transmet souvent de père en fils (ou en fille). L’artisan conduit une petite péniche familiale. Il travaille généralement en couple, parfois aidé d’un matelot.

Récemment, fin Avril 2013, un batelier a voulu rejoindre les berges du Rhône à Valence après une panne de moteur, mais celui-ci, ignorant son existence, a heurté une ancienne pile de pont et a coulé.

Photos personnelles

TOLERANCE

Publié: 11 mai 2013 dans SOCIETE
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«  CHER  FRERE  BLANC  »

Quand je suis né,
J’étais noir,
Quand j’ai grandi,
J’étais noir,
Quand je vais au soleil,
Je suis noir,
Quand je suis malade,
Je suis noir,
Quand je mourrai,
Je serai noir,
Tandis que toi,
Homme blanc,
Quand tu es né,
Tu étais rose,
Quand tu as grandi,
Tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil,
Tu es rouge,
Quand tu as froid,
Tu es bleu,
Quand tu as peur,
Tu es vert,
Quand tu es malade,
Tu es jaune,
Quand tu mourras,
Tu seras gris……
Et après ça
Tu as le toupet
De m’appeler :

« HOMME  DE  COULEUR» !

QU’IL EST BEAU MON PAYS

Publié: 8 mai 2013 dans TOURISME
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L’ARDECHE  ET  SA  DOUCEUR  DE  VIVRE

THE ARDECHE AND THE SWEETNESS OF LIFE

 

L’Ardèche,

Le département de l’Ardèche a été créé à la Révolution française en 1790 à partir de la province du Vivarais. L’ardèche est Limitrophe aux départements de la Drôme, du Vaucluse, du Gard, de la Lozère, de la Haute-Loire, de la Loire et de l’Isère. L’Ardèche s’inscrit dans de nombreux ensembles naturels (Gorges de l’Ardèche, Cévennes, Vallée du Rhône, Vivarais, Vallée du Doux, Vallée de l’Ouvèze, …)

Trésor de la nature, offrant une grande diversité de paysages, l’Ardèche est l’un des départements les plus forestiers de France. Il bénéficie d’un climat tempéré au nord et méditerranéen au sud. Bien connu pour la beauté de ses gorges. Les amoureux des vieilles pierres déambulent avec ravissement dans les villages médiévaux de Saint-Montan et de Joyeuse et admirent le savoir-faire ancestral des bâtisseurs au travers des églises romanes. La Grotte Chauvet, l’aven d’Orgnac, les Gorges de la Beaume et le bois de Païolive peuplé de chênes blancs sont à découvrir absolument.

On ne peut nier qu’il existe une opposition flagrante entre l’Ardèche du nord et l’Ardèche du sud, dont la ligne de partage passe approximativement du Mont Mezenc à Cruas. Mais pour celui qui veut voyager, ce sont les régions naturelles qui rendent encore le mieux compte des caractéristiques respectives à la fois géographiques, économiques et culturelles. Pour simplifier on dirait que l’Ardèche est un gigantesque talus en bordure du Massif Central, plus important au sud qu’au nord, séparant les plaines méditerranéennes des surfaces relevées du Velay et de l’Auvergne.

Ce département a su conservé cette authenticité que nous recherchons tous et qui fait qu’en la quittant, nous n’avons qu’un seul souhait : y retourner.

 

The Ardèche,

 the Ardèche Department was created during the French Revolution in 1790 from the province of Vivarais. The Ardèche is adjacent to departments of Drôme, Vaucluse, Gard, Lozère, Haute-Loire, Loire and Isère. The Ardèche is part of many natural complexes (Gorges de l ‘ Ardèche, Cévennes, the Rhone Valley, Vivarais, sweet Valley, Valley of the Ouvèze,…) Treasure of nature, offering a wide variety of landscapes, the Ardèche is one of the forest departments of France. It enjoys a temperate climate in the North and Mediterranean in the South. Well known for the beauty of its gorges. Lovers of old stones wander with rapture in the medieval villages of Saint-Montan and joyful and admire the ancestral know-how of the builders through the Romanesque churches. The Chauvet Cave, the aven D’orgnac, Beaume Gorges and the bois de Païolive populated by White Oaks are to discover absolutely.

It cannot be denied that there is a blatant opposition between the Northern Ardèche and the southern Ardeche, which divide approximately from the Mont Mezenc at Cruas. But for those who wants to travel, they are natural areas that make even better account of the geographical, economic and cultural characteristics. To simplify the Ardèche is a gigantic slope on the edge of the Massif Central, most important in the South to the North, separating the Mediterranean Plains surfaces of Velay and Auvergne.

This Department has kept this authenticity we are looking for all and makes that in leaving, we only have one wish: to return.

 

BEAUTE  DE  LA  NATURE

Photos personnelles

 

LES  CONTESTATIONS  ETUDIANTES  DANS  LE  MONDE

 

Mai 1968 n’est pas un phénomène exclusivement parisien ou même français. Presque partout dans le monde, la jeunesse bouge en 1967 – 1968.

Aux  Etats- Unis. Le refus de la guerre du Viêt-Nam, la radicalisation du mouvement noir et la mise en cause de la « société de consommation » se traduisent par des manifestations violentes des occupations d’universités, etc……….

En Europe. En R.F.A.  la contestation vise aussi la guerre du Viêt-Nam et son appui par la grande presse. En avril 1968,  un attentat contre le leader étudiant  Rudy Dutschke crée une forte tension. En Italie, l’occupation des universités contre des structures quasi féodales, débouchent sur un refus du système politique et du poids de l’Eglise. En Hollande, le mouvement rejoint celui des provos anarchisants. En Belgique, il s’aggrave de tensions entre Wallons et Flamands. En Suisse s’ajoute la solidarité avec les immigrés. En Espagne, les étudiants voudraient secouer la dictature.

Les pays de l’Est.  1968 est l’année du « Printemps de Prague », au cours duquel le parti communiste tchécoslovaque  dirigé par Dubcek tente de s’orienter vers « un socialisme à visage humain ». L’expérience, commencée le 8 avril et dans laquelle les étudiants jouent un grand rôle, est stoppée, le 20 août par l’intervention des chars de l’U.R.S.S. et du pacte de Varsovie. En Pologne, la jeunesse intellectuelle conteste la bureaucratie, et, contre elle, le gouvernement joue de l’ouvriérisme et de l’antisémitisme….

  En Amérique Latine. L’hostilité aux Etats Unis et les problèmes sociaux expliquent des émeutes, au Brésil, en Argentine, et surtout au Mexique, où la répression est féroce, faisant 20 morts à Mexico,  le 2 octobre.

En Chine. Enfin,  on peut considérer la  « révolution culturelle » comme un mouvement de la jeunesse manipulée par Mao Zedong pour rétablir son pouvoir contre l’appareil du parti communiste.

MAI  1968

Le 31 décembre 1967, dans ses vœux aux Français, Charles de Gaulle, président de la République, salue 1968 « avec sérénité ». Six mois plus tard, le pays frôle la révolution : une crise universitaire se mue en crise sociale et politique ; mai 1968 entre dans l’histoire.

En 1968, il y a deux fois plus d’étudiants en France qu’en 1960. En lettres ou en sociologie, ces étudiants craignent de ne pas trouver de travail à la fin de leurs études ; dans tous les secteurs, locaux et enseignants manquent. De plus, le temps est au romantisme révolutionnaire : les héros de l’époque sont Mao, Trotski ou Che Guevara. Enfin, les jeunes refusent les contraintes du passé ; dans les cités  universitaires, les garçons demandent le libre accès aux bâtiments des filles. Des incidents éclatent, que le ministère escamote avec  mépris : « hier ils réclamaient des maitres, aujourd’hui il leur faut des maitresses ».

Nanterre, université créée en 1963 pour désengorger la Sorbonne, est isolée en banlieue parisienne et jouxte un bidonville, parfait exemple des injustices sociales. L’extrême gauche s’y développe. Le 22 mars, des étudiants occupent les locaux. Les diverses tendances « gauchistes » s’unissent autour d’un étudiant en sociologie d’origine allemande qui sait trouver des formules choc, Daniel Cohn-Bendit : on veut casser le système universitaire, pilier de la « société bourgeoise ». Les incidents se multiplient. Nanterre est fermée le 3 mai ;  les étudiants  tiennent meeting à la Sorbonne. La police intervient. 500 jeunes sont arrêtés, beaucoup sont molestés ; la Sorbonne est fermée. Les enseignants eux-mêmes se mettent en grève, leurs commissions improvisées multiplient les projets de réforme. Dans le Quartier Latin la tension monte ;  elle aboutit le 10 mai à une « nuit des barricades », qui fait un millier de blessés. Pour ramener le calme, le Premier Ministre Georges Pompidou rouvre la Sorbonne le  13 ; mais le mouvement de l’université, s’est étendu aux autres secteurs de la vie sociale.

Dix millions de Français en grève

En effet, le 13 mai,  pour protester contre la répression anti-étudiant, les syndicats organisent une manifestation. Cent soixante-dix mille personnes selon la police, huit cents milles selon les organisateurs, se rassemblent à Paris : le mécontentement social ne demande qu’à s’exprimer. La manifestation est assortie d’une grève qui se prolonge au-delà des 24 heures pour lesquelles elle était prévue ; les salariés occupent spontanément les usines comme l’ont fait leurs parents ou leurs grands-parents en 1936. Le 21,  il y a 8 à 10 millions de grévistes. Le 27, à Grenelle, au Ministère des Affaires Sociales, les négociations avec les patrons débouchent sur une hausse de 7 pour cent des salaires et de 35 pour cent du salaire minimum, des garanties pour les délégués d’entreprise, la promesse de la remise en vigueur de la semaine de 40  heures (instituée par le Front Populaire mais abandonnée dès 1937), d’augmentations des prestations sociales, d’allègements fiscaux, et sur le paiement des jours de grève, s’ils ne sont pas « récupérés » avant décembre.

Le parti communiste, satisfait, prêche le retour au calme. La base refuse : la crise devient politique ; le régime paraît menacé ; même si une partie du pays s’alarme d’un désordre qu’elle ne comprend pas et qui commence à la priver d’essence pour ses voitures ….

La crise politique

Parti le 14 en Roumanie comme si de rien n’était, le Général de Gaulle fustige la « chienlit » et propose un référendum des réformes. On ne l’écoute pas : le pouvoir semble vacant. Parallèlement,  le mouvement se délite. Le 22, on manifeste contre l’expulsion de Cohn-Bendit en Allemagne Fédérale ; les communistes boycottent la manifestation : c’est le début d’un « duel à  3 », gaullistes, communistes et « gauchistes » accusant chacun les deux autres de complicité. Le 27, Valéry Giscard d’Estaing propose une union nationale autour de lui. Le 28, Mitterrand dit qu’après l’échec du référendum il faudra un autre gouvernement et des présidentielles : il sera candidat. Le propos, modéré, est anticonstitutionnel, et la télévision, en le résumant, fait croire à un essai de coup d’état……

Le 29, De Gaulle disparait : il est à Baden Baden, où il rencontre le Général Massu, commandant des forces françaises en Allemagne. Veut-il dramatiser la situation ? S’assurer de l’appui de l’armée ? A son retour, à la radio, il dénonce les communistes, qui ont pourtant freiné les révolutionnaires, et il annonce des législatives. Immédiatement, 500 000 de ses fidèles défilent sur les Champs Elysées. Le rapport de force a changé. Des « gauchistes » veulent boycotter les élections. Il y a encore des heurts, et 3 morts, alors que les pires évènements, à Paris où le Préfet Grimaud s’était montré prudent,  n’avait provoqué aucun accident fatal…. Les Français aspirent au retour à la normale, après un mois de folie, les législatives sont un triomphe pour le gouvernement. Mai 68 entre au musée des souvenirs. Reste à en chercher les causes. D’aucuns parlent de complots, d’autres de crises de sociétés, d’autres encore évoquent la difficile adaptation  des structures traditionnelles à la réalité moderne. Il faut aussi faire la part des hasards, des enchainements incontrôlables.  Il reste que, pendant un mois, Paris a cru revivre 1789 ou 1848, et que bien des changements se font, après coups, une fois le calme revenu, la crise ayant permis de prendre conscience de la  fossilisation qui figeait la société française.