CHATEAU DE CRUSSOL

Publié: 29 juin 2013 dans HISTOIRE, TOURISME

VESTIGE  D’UNE  FORTERESSE.

CRUSSOL

Crussol, un massif, un château, une famille.

D’une étonnante richesse, le seul nom de Crussol désigne tout à la fois un massif, une forteresse et une ancienne famille noble et sa seigneurie du Haut Vivarais. Face à la ville de Valence et dominant la vallée du Rhône du haut de sa falaise, la forteresse de Crussol défie le regard et le temps. Témoin de l’histoire, elle s’étend sur 3 hectares et comprend la Villette, ensemble d’une centaine de maisons, un quartier intermédiaire réservé aux notables et le château situé au sommet de la colline, le tout ceinturé de remparts encore bien visible. Les défenses naturelles, la hauteur des murailles, l’ampleur du périmètre ont dissuadé bien des assaillants : la forteresse fut peu attaquée et résista efficacement aux routiers lors de la guerre de Cent Ans. Au-delà de la forteresse, le massif de Crussol recèle d’autres trésors. Prisé depuis quelques 150 ans par les botanistes du monde entier, il est reconnu aujourd’hui au niveau européen pour le caractère exceptionnel de son patrimoine naturel et plus particulièrement ses pelouses à orchidées. Si le site est librement accessible à tous, il appartient à chacun de le respecter.

CRUSSOL 1Un site défensif remarquable.

Une occupation ancienne.

Véritable sentinelle dressée sur un éperon rocheux, la forteresse de Crussol contrôlait les voies de communication fluviale et terrestre de la Vallée du Rhône, très fréquentée depuis la plus haute antiquité comme en témoigne  quelques vestiges (poignards, carrières, tegulae, dédicaces au dieu Mars…..). La présence de cimetière et de stèles funéraires prouvent que les hommes occupaient la colline. Au Vème siècle, afin de résister aux invasions barbares, un ensemble fortifié est construit au sud du massif, mais abandonné quelques siècles plus tard pour le site actuel. L’existence d’un château à Crussol est attestée par une mention dans une charte du cartulaire de l’abbaye de Saint-Chaffre en 936. A cette époque, les invasions normandes et les raids de pillage des Sarrazins contraignent les seigneurs à construire des places fortes, pour défendre leurs terres et protéger les populations… Ce château devait probablement comprendre une tour en bois, édifiée au sommet le plus inaccessible et des palissades formant une enceinte protectrice.

L’impressionnante construction du XIIème siècle.

Cette construction de bois ayant brûlé, l’ensemble est rebâti en pierres, présentes en abondance sur le site, dans ses carrières.  Bien qu’aucun document ne le certifie, les ruines actuelles datent probablement du XIIème siècle, lorsque Géraud Bastet de Crussol, vassal lointain du Comte de Toulouse, devient le nouveau maître de Crussol en 1110, en épousant Agnès, l’héritière des seigneurs du lieu. Il commence la construction de cette impressionnante forteresse, afin de contrôler les voies de communication existant le long du Rhône (le Seigneur de Crussol détenait d’ailleurs un droit de péage sur le Rhône qu’il conservait encore en 1715). Au cours des trois siècles suivants, ses successeurs complètent et embellissent cette forteresse.

L’abandon du château.

Le 14 juin 1486, grâce au mariage de Jacques de Crussol avec Simone d’Uzès, les comtes de Crussol deviennent également Duc d’Uzès. Ils délaissent alors la forteresse  vivaroise au profit du château d’Uzès, plus confortable. Il est vrai que les conditions de vie à Crussol devaient être assez rudes : rareté de l’eau, malgré les nombreuses citernes, et exposition aux vents violents. Le site est confié à un officier (ou bailli), représentant le baillage seigneurial sur le territoire de la baronnie et, à partir de la fin du XVème siècle,  plus aucun seigneur ne séjourne au château. La baronnie étant devenu Comté de Crussol avec Saint-Péray comme centre, le Bailli, en 1517, choisit de s’installer dans le bourg plus facile d’accès. En 1533, le grenier du château est abandonné ; en 1554, les derniers habitants quittent la Villette. Au XVIème siècle, les guerres de religion permettent à Crussol de retrouver quelque utilité. Occupé tour à tour par les catholiques et les protestants, il subit assauts et dégradations et est incendié à plusieurs reprises, avant d’être détruit au XVIIème siècle, et totalement abandonné. En 1649, Crussol est qualifié de « masure » dans la chronique paroissiale de Saint-Péray et à la veille de la Révolution, seul un ermite, Frère Paul, hante encore les lieux, à la pointe est du rempart.

Le 3 septembre 1855, un tir de mine dans la carrière située sous le château provoque la destruction d’une partie du logis seigneurial. En 1952, la foudre endommage le donjon dont certaines parties viennent obstruer l’accès au sommet, d’où la mise en place, à ce jour, d’un escalier métallique.

La reconquête du site

OLYMPUS DIGITAL CAMERAClassé monument historique depuis 1927, le château de Crussol n’aurait été qu’un amoncellement de pierres si les collectivités locales et quelques passionnés ne s’étaient pas mobilisés. En janvier 1985, le château est acheté à la Marquise de Crussol Uzès par la commune de Guillerand-Granges et les terres attenantes par la commune de Saint-Peray. Le site est aujourd’hui géré par la communauté de communes Rhône-Crussol (Chateaubourg, Cornas, Guillerand-Granges, Saint-Peray, Toulaud) qui a entrepris de le réhabiliter et de le valoriser. La restauration, réalisée dans le respect des matériaux et des méthodes de construction de l’époque, a permis de retrouver la physionomie du château médiéval et de sécuriser le site.  La création, le balisage et l’entretien des sentiers de randonnée permettent aux visiteurs de découvrir le site. Enfin, la création d’un théâtre de verdure, parfaitement intégré au site avec une scène en bois de châtaigner surplombant la Vallée du Rhône et des gradins engazonnés permettant d’accueillir 3 000 personnes, placent le site sous le signe des festivités.

aaaaaa

Photos personnelles

crussol 2

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commentaires
  1. B dit :

    lovely photos !

  2. Bien foutu, bravo! Continue comme ça!

  3. daniellajoe dit :

    i love history!!! i cannot understand everything but i read it in your photoghraphs 🙂

  4. Merci pour ton partage ! Bonne semaine

  5. chatou11 dit :

    J’ai beaucoup apprécié ce beau reportage. De très beaux vestiges qui auraient beaucoup à raconter et un beau spectacle en plus. Merci pour le rappel historique, c’est très intéressant.
    bon dimanche Jl

  6. Coco dit :

    Merci ! Très (super) intéressant ! 🙂