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L’IMPOSSIBLE SEGREGATION MUSICALE

Publié: 9 novembre 2012 dans MUSIQUE

FATS  DOMINO  UNE  IDOLE  NOIRE  POUR  L’AMERIQUE  BLANCHE

Gloire du «  New Orleans Sound » le pianiste et chanteur se trouve à l’origine de l’explosion du rock’n’roll.

L’attrait de la musique noire auprès de la jeunesse dorée des années 50 a ouvert définitivement une brèche qu’on appelle le « crossover » dans la ségrégation qui s’opérait entre les musiciens américains.

Ce Néo-Orléanais nonchalant a réussi à concilier les faveurs de l’Amérique bien-pensante, tandis que le jeune public en a fait une des plus grandes vedettes que le rock’n’roll ait connues.

L’irrésistible attrait de la musique noire.

Les ligues bien-pensantes se sont senties contraintes de prendre des mesures lorsqu’elles se sont aperçues que leurs enfants persistaient à se précipiter aux concerts de rhytm’n’blues qui étaient organisés par des pionniers comme Alan Freed.

Les historiens de la musique actuelle s’accordent ainsi  à considérer Sh’Boom, avec Shake, Rattle and roll de Big Joe Turner, comme l’un des tout premiers disques du rock’ n’ roll. L’avènement d’Elvis Presley, qui empruntait lui aussi au rythme n’ blues à ses débuts, n’a fait que confirmer cette tendance. Mais, alors que jusqu’ici le crossover s’était limité à la reprise ou à l’adaptation du répertoire populaire des noirs par des musiciens blancs, Fats  Domino a fait  œuvre de pionnier en devenant la première grande idole de l’Amérique blanche. Contrairement à Presley qui scandalisait par ses mimiques suggestives sur scène, il rassurait par sa bonhommie et la légèreté insouciante de ses chansons.

Enfant du Ninth Ward, Antoine Domino Junior est né à La Nouvelle Orléans le 26 février 1928, neuvième et dernier enfant d’une famille catholique. A l’exception d’un père violoncelliste, celui qui se fera bientôt surnommé « Fats » (le gros) était le seul à pratiquer un instrument dans son entourage. Le Ninth Ward, quartier pauvre et presque rural, comptait nombre de petits clubs et autres Honky Tonk (on donnait ce nom au début du siècle aux petits dancings de campagne et aux bistrots de quartier où on venait boire, jouer aux cartes et danser au son d’un piano pas toujours bien accordé. Par la suite, ce terme a désigné le style de musique qui se pratiquait dans ses lieux) où se perpétuait la tradition du blues. La Nouvelle Orléans était aussi la patrie du jazz, que Fats a découvert par l’intermédiaire d’Harrison Verrett, un ancien disciple de Papa Célestin et de Kid Ory qui avait épousé sa sœur, c’est d’ailleurs ce dernier qui lui a tout appris et qui lui a fait faire ses débuts au piano.

Au sortir de la guerre, le jeune homme partage son temps entre la musique  qu’il pratique chaque week end dans les tavernes de la ville,  et un métier d’ouvrier qui ne le passionne guère. Il finit d’ailleurs pas se consacrer totalement à la musique après un accident de travail qui manque de lui emporter deux doigts.

La percée auprès de l’Amérique blanche.

Le véritable tournant survient en 1955 avec   Ain’t That a Shame. Pour la première fois, l’une de ses chansons entre dans le Top Ten Américain. Moins d’un an plus tard, I‘m In Love Again confirme cette tendance en obtenant la troisième place des hit parades blancs. Tout concoure en effet à l’intégration de cette plage dans l’univers naissant du rock’  n’ roll. Car Domino possède une voix suffisamment neutre pour ne pas effaroucher le public  blanc. Or, dans l’imaginaire collectif américain, les voix rauques et arrachées de bluesmen ruraux comme Howlin’ Wolf  ou Muddy Water sont généralement considérées comme « primitives » un adjectif commode qui suscite la condescendance des plus éduqués et la peur des plus ignorants. Mais, surtout, la musique de Domino possède cette énergie qui est en train de fédérer une jeunesse rebelle allergique aux crooners comme Franck Sinatra ou Perry Como. En dépit de sa popularité, Fats reste toujours aussi timide, et chaque passage  à l’écran est pour lui source de trac.

Le succès de « The Fat Man » a radicalement changé l’existence de Domino, mais pas son caractère modeste. Sa première tournée, en 1950, a failli tourner court lorsque Fats, terrifié à l’idée de quitter sa ville natale, s’est refusé à monter dans le bus de l’orchestre. Il faudra trois jours à Dave Bartholomew pour parvenir à décider son poulain. On ne peut parler de la carrière de Fats Domino sans évoquer celle de Dave Bartholomew, celui qui l’a découvert peu après la guerre et qui a façonné l’ensemble de sa production chez Imperial.

Avec le début des années 60, on découvre un Fats Domino plus sûr de lui qui impose son image nonchalante sur les plus grandes scènes. Ses mélodies et les arrangements de son orchestre deviennent plus élaborés au fur et à mesure que le public de ses débuts s’installe dans la maturité.

Le rock’n’roll métissé

Comme celle des autres grands patriarches de sa ville Professor Longhair ou Roy Brown, la musique de Fats Domino provient d’un mélange de jazz traditionnel, de rythmes caraïbes et latinos, de boogie-woogie, de blues et de mélodies cajuns ( Le terme « cujun » est une déformation du mot « acadien » qui désignait les populations d’origine française établies en Nouvelle-Ecosse, dans le Canada actuel. Chassés par les Anglais en 1755, les Accadiens se sont installés en Louisiane où leurs descendants ont, à ce jour, conservé une langue et une musique tout à fait originales. ) qu’il enrichit d’un style de piano tout en arabesque et, surtout, d’intonations vocales à la fois veloutées et paresseuses.

Fats trouvera la voie du succès en combinant tous les courants de la musique afro-américaine.

TEN YEARS AFTER

Publié: 3 août 2012 dans MUSIQUE

Ten Years After

             

est un groupe de blues rock britannique fondé en 1967.

Tout change en août 1969. Invité au festival de Woodstock, le groupe y accomplit une prestation mémorable, immortalisée dans le film du festival où figurent les dix minutes du morceau I’m Going Home, qui contient un long pot-pourri de classiques du rock avec une prestation remarquée d’Alvin Lee. Le formidable coup de projecteur médiatique ainsi porté sur le groupe permet à son cinquième album, Cricklewood Green (1970), d’être enfin un gros succès.Devenu mondialement célèbre après le festival de Woodstock et la prestation sur scène de son guitariste et chanteur Alvin Lee, Ten Years After a été l’une des formations majeures du British Blues Boom à la fin des années 1960.

Ten Years After se forge une solide réputation dans le petit monde du rock britannique. Cette réputation, il la doit notamment à son leader Alvin Lee.

Véritable prodige de la guitare, il électrise les foules par ses longs solos sur des classiques du rock et du blues. Sa technique très personnelle, marquée par le jazz moderne, lui permet de jouer de longues suites de croches à une vitesse extraordinaire. Avec un son d’abord sec et jazzy sur leurs trois premiers albums, puis marqué par l’influence de Jimi Hendrix sur les suivants, le style d’Alvin Lee est unique en son genre, difficile à imiter.

Ten Years After se sépare en 1975, après un dernier album, Positive Vibrations (1974), et une dernière tournée américaine. Le groupe se reforme sporadiquement en 1983 pour une tournée britannique, puis en 1988 pour un nouvel album, About Time, et une longue tournée essentiellement axée vers la nostalgie et la reprise des vieux succès de la fin des années 1960.

Le groupe existe toujours et continue à se produire régulièrement sous ce nom à travers le monde, mais en l’absence de son membre le plus célèbre, Alvin Lee. En désaccord avec les autres membres de la formation, Alvin Lee a en effet été remplacé par le guitariste et chanteur Joe Gooch à partir de 2002. Cette nouvelle formation a publié deux albums studio, Now (2004) et Evolution (2008), ainsi que deux albums live, et un DVD.

Membres

Alvin Lee : guitare, chant (1967-1974)

Joe Gooch : guitare, chant (depuis 2002)

Leo Lyons : basse

Chick Churchill : claviers

Ric Lee : batterie

Discographie

Albums enregistrés en studio

1967 : Ten Years After

1969 : Stonedhenge

1969 : Ssssh

1970 : Cricklewood Green

1970 : Watt

1971 : A Space in Time

1972 : Alvin Lee and Company (compilation d’inédits)

1972 : Rock and Roll Music to the World

1974 : Positive Vibrations

1989 : About Time

2004 : Now

2008 : Evolution

Albums enregistrés en concert

1968 : Undead

1973 : Recorded Live

1993 : Live at Reading ’83

1994 : Live 1990

2001 : Live at the Fillmore East 1970

2003 : One Night Jammed

2005 : Roadworks

Pour visionner une vidéo allez sur le site :

http://www.dailymotion.com/video/xa7u2_woodstock-ten-years-after-going-hom_music